J’adore le houmous. Alors pour ce nouveau portrait d’entrepreneur, je suis allée à la rencontre de Julien qui a fondé son entreprise : le Houmous de mon Papa. Découvrez son histoire et ses péripéties dans le milieu très complexe de la food.

Pourquoi avoir créé le Houmous de mon Papa ? 

Le Houmous de mon papa est né il y a un an et deux mois. C’est une entreprise qui est totalement en lien avec moi. Quand je parle d’houmous je parle aussi de moi. 

J’ai monté une boite pour me prouver que j’étais capable d’entreprendre. Donc j’ai quitté mon poste dans une start-up pour réaliser ma propre aventure. 

J’avais deux objectifs : le premier était de tester mes capacités entrepreneuriales, car entre travailler et impulser un projet il y a une différence, notamment une différence dans laquelle l’énergie se place. Le deuxième objectif, plus personnel, était d’essayer de mieux connaître mon père, qui est syrien, arrivé en France il y a 30 ans.

Selon moi il y a deux types d’immigrés, celui qui arrive avec un bagage culturel et qui continue d’être nostalgique de l’endroit où il a passé un temps dans sa vie et celui qui repart totalement à zéro. Mon père était dans la seconde catégorie. Il ne m’a jamais raconté aucune histoire sur son pays, je me suis rendu compte que je ne connaissais pas mon père. Je lui ai donc pris sa recette de houmous, qu’il faisait de temps en temps à la maison et j’en ai fait une boite. Je l’ai appelé le Houmous de mon Papa et j’ai mis la tête de mon père en logo. 

Comment s’est passé le développement de votre projet d’entreprise ? 

J’ai fusionné cette recette de houmous avec plein d’autres saveurs que je trouvais intéressantes et j’ai commencé à le vendre dans les bars. Je me suis fait incuber dans United Kitchen qui est spécialisé dans la food. 

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Nous avons une progression lente : nous avons eu huit mois de développement produit et j’ai commencé le développement commercial il y a un mois. Nous avons atteint notre point mort en juillet dernier. Maintenant nous entamons la phase de croissance. Nous comptons beaucoup sur les fêtes qui approchent.

Avez-vous rencontré des difficultés lors de la création de votre entreprise ? 

J’ai eu du mal à me faire aux codes du monde de la food. C’est un milieu très dur, dans la mesure où il y a une variable qui est l’aspect périssable des denrées, qui met toujours un timer au-dessus de nos têtes. Ensuite toutes les difficultés que l’on rencontre dans les cuisines partagées : le matériel sur lequel on ne peut pas compter par exemple.

C’est un milieu compliqué. Les concurrents sont hostiles entre eux. J’ai dû faire face à tout cela. Je venais avec plein de bonnes intentions, avec la recette de mon papa, un petit marketing anti-marketing. Et je me suis frotté à des gens avec de vrais enjeux. J’ai appris à me défendre dans ce monde.

Je me suis même fait voler ma recette par un industriel qui essaie de la commercialiser en ce moment… Mais je me rassure en me disant que nous avons une marque forte et que l’innovation dans nos recettes fait que notre produit sera toujours un produit à part.

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On a un cheminement atypique, c’est-à-dire que dans la food en général on doit passer par des économies d’échelle, de baisse de prix et d’augmentation de la quantité. Nous avons choisi un cheminement différent, un chemin par le haut : nous choisissons des ingrédients qui sèment la concurrence. Par exemple nos truffes proviennent d’un petit producteur, qui les ramasse artisanalement dans le sud de la France, donc elles sont en quantité limitée.

Quand j’étais en négociation avec des grandes distributions, leurs premières intentions étaient de diluer la recette avec de l’eau, de l’huile de colza pour diminuer les coûts. C’est un état d’esprit que nous fuyons, nous sommes très peu à essayer de faire cela.

Le résultat est un produit plus cher et un produit de niche, mais c’est l’objectif que nous nous fixons, car le houmous est un produit qui existe déjà dans les supermarchés et que nous ne voulions pas reproduire cela.

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Auriez-vous des conseils à donner aux entrepreneurs qui veulent se lancer dans la food ? 

Tout d’abord, avec un profil comme le mien, plutôt d’entrepreneur, et pas de cuisinier, il faut bien délimiter ses compétences. Si on se lance dans la food, sans expert food, c’est-à-dire sans cuisinier qui vous accompagne, sans une société qui crée vos recettes et qui vous apprend l’hygiène et tous les procédés alimentaires, vous allez devoir apprendre un nouveau métier sur le tas. Apprendre un métier de cuisinier c’est différent que de monter une boite. J’ai perdu plusieurs mois à apprendre à être cuisinier, j’ai passé des formations alimentaires ect…  J’ai perdu du temps, alors que j’aurai dû simplement m’entourer de cuisiniers. Aujourd’hui je me concentre sur entreprendre et c’est beaucoup mieux.

Ensuite, deuxième conseil : ne pas essayer d’être « plus » que les autres. Quand on est dans la food on a l’impression que notre recette est unique, que notre projet est unique, que notre cuisinier est unique. Alors que l’expérience de vente se fait avec le marketing au début avant d’avoir le produit dans la bouche.

Comment faire pour se distinguer dans la food tech ? 

Si j’ai envie que mon produit soit respecté pour ce qu’il est parce que c’est un bon produit. Il ne faut pas adopter les codes de la food, ce monde est déjà très marketé : il n’a pas besoin de vous.

Par exemple, Atelier Blini couvre tous les réseaux de grande distribution, ils n’ont pas besoin de moi. S’ils s’étaient adressés à moi, ils l’auraient fait dans de mauvaises conditions, ils auraient tué les prix, ils m’auraient façonné à leur manière. Ils auraient fait de grosses commandes, avec de gros volumes ce qui en termes de logistique derrière, aurait impliqué des coûts et de gros risques. Le schéma qui se produit derrière est que les personnes perdent en qualité et s’éloignent de leurs projets initiaux, juste en voyant des quantités énormes arriver.

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Je conseillerai d’être tranché sur la proposition de valeur, sur la manière dont on s’adresse à son auditoire et sur les choix qu’on fait en interne. On ne lésine pas sur la qualité des ingrédients, on reste artisanal. On essaie de faire un truc qui n’existe pas. 

La food est un secteur qui n’a pas de place : ça ne sert à rien d’arriver avec un produit très marketé et en vogue. Si un produit est en vogue dans la food, c’est parce que les grands industriels de la food l’on voulut et ils ont déjà une longueur d’avance sur vous.

Nos houmous sont très particuliers. J’entends des personnes qui disent « Houmous fusion ça ne nous intéresse pas, c’est un peu trop original pour notre clientèle », et à côté nous avons des personnes qui tombent complètement amoureux de nos produits.

Qu’est-ce qui est le plus important pour réussir ? 

C’est un milieu où on évolue en sécurité : on change un gramme par recette et ça suffit. C’est la spécialité qui vous protège. Plutôt que d’évoluer dans un milieu où celui qui a plus de moyens de logistique et de production vous double en deux secondes.

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Ma sécurité aujourd’hui c’est de rattacher cette marque à mon histoire. En montant le projet j’ai appris que mon grand-père était traiteur à Damas. Je commence à avoir de informations qui arrivent, c’est un bonheur. Pour moi c’est 100% réussi. Aujourd’hui j’ai des problématiques d’entrepreneur classique.  Pour moi j’ai rempli mon cahier des charges et maintenant je suis en train d’apprendre un autre métier, celui de gérant. 

Où se procurer le Houmous de mon Papa ? 

Vous pouvez vous procurer le Houmous de mon Papa sur l’eshop dédié, dans certaines épiceries fines et bars à Paris.

Merci à Julien pour cette interview très riche qui, je l’espère, vous permettra d’en savoir plus sur le milieu de la food.


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